Shihab Presse : Le secteur du paiement électronique en Algérie a connu un développement remarquable depuis le lancement du service de paiement en ligne par cartes bancaires (CIB) en octobre 2016. Cette initiative, inscrite dans le cadre d’une stratégie nationale de modernisation des systèmes de paiement, a constitué un tournant important vers la modernisation du secteur financier.
Un début modeste et une croissance progressive
Au cours des trois premiers mois suivant son lancement, seulement 7 366 transactions ont été enregistrées, principalement dans le secteur des télécommunications.
Malgré ce démarrage limité, le paiement électronique a rapidement progressé, atteignant 107 844 transactions en 2017, soit une augmentation de plus de 1 300 %. Cette croissance s’est poursuivie en 2018 et 2019, soutenue par l’élargissement des services électroniques aux administrations publiques et aux entreprises de services.
L’impact de la pandémie de Covid-19
L’année 2020 a marqué un tournant décisif pour le paiement électronique, avec un bond du nombre de transactions à plus de 4,5 millions, grâce à deux facteurs principaux :
L’intégration d’Algérie Poste au système de paiement électronique et l’interopérabilité entre les cartes CIB et Edahabia.
L’accélération de l’adoption des services numériques due aux restrictions liées à la pandémie.
Une croissance continue et une expansion des services
Le volume des transactions a atteint 7,8 millions en 2021, puis 9 millions en 2022, pour réaliser un bond important en 2023 avec plus de 15 millions de transactions. Les premières données de 2024 indiquent déjà plus de 3,2 millions de transactions rien qu’en janvier et février, annonçant un possible dépassement du seuil des 19 millions d’ici la fin de l’année.
Diversification des secteurs et percée des services administratifs
Ces dernières années, le secteur des télécommunications n’est plus seul à dominer le marché du paiement électronique. La contribution s’est élargie à :
Les services administratifs (26,8 % des transactions),
Les entreprises de facturation (eau, gaz, électricité) avec plus de 1,4 million de transactions,
Les prestataires de services privés ayant enregistré plus de 1,3 million de transactions.
Le secteur des transports a également connu une forte croissance grâce à la numérisation des services de réservation et d’achat de billets.
Défis du paiement électronique en Algérie
Malgré les progrès réalisés, plusieurs défis freinent encore une adoption plus large du paiement électronique :
La méfiance de certains utilisateurs quant à la sécurité des transactions électroniques,
Une couverture Internet haut débit insuffisante dans certaines régions,
La faible intégration des petits commerçants au système de paiement en ligne.
Efforts pour renforcer la transformation numérique
Pour surmonter ces obstacles, les autorités concernées et le GIE Monétique s’emploient à :
Simplifier les procédures d’adhésion au système,
Renforcer les mesures de sécurité,
Mener des campagnes de sensibilisation auprès des consommateurs et des commerçants.
Des perspectives prometteuses
Avec plus de 625 commerçants électroniques adhérents et plus de 60 millions de transactions enregistrées depuis 2016, le paiement électronique en Algérie avance résolument pour s’imposer comme une solution majeure de paiement au quotidien. L’avenir s’annonce prometteur, notamment avec l’accélération de la numérisation des services publics et l’essor du commerce électronique.
