un rapport de La Direction de la Sécurité Nationale espagnole (DSN), rattachée à la Présidence du gouvernement, a révélé dans ce dernier une forte augmentation du trafic de « haschisch » en provenance du Maroc au cours de l’année écoulée 2025 . Elle met également en garde contre l’escalade du danger des réseaux criminels, qui recourent désormais à des méthodes « plus violentes » contre les forces de sécurité espagnoles.
Le rapport gouvernemental de 2025, repris par plusieurs médias espagnols, fait état d’une forte hausse du trafic de haschisch en provenance du Maroc l’an dernier. Le Maroc « reste la principale source de cette substance vers le marché européen ».
Le document souligne que le Centre d’opérations de surveillance maritime (COVAM) de la marine espagnole a détecté la présence de plus de 600 embarcations rapides soupçonnées d’être utilisées pour transporter ces stupéfiants.
Il précise que les réseaux criminels adoptent désormais des méthodes « plus violentes » : ils n’hésitent pas à utiliser des armes de guerre ou à percuter les véhicules de la Garde civile et de la police espagnole lors des tentatives d’interception.
Le rapport indique que ces réseaux ont modifié leurs tactiques pour limiter les pertes matérielles. Ils utilisent désormais de petits bateaux – de pêche ou de plaisance – pour acheminer les cargaisons et les rapprocher des côtes sans exposer les gros go-fast. Ils ont aussi repris l’usage de drones et de vols aériens clandestins entre les deux rives de la Méditerranée.
Il note par ailleurs que la pression sécuritaire dans le golfe de Cadix et à l’embouchure du Guadalquivir, dans le sud de l’Espagne, a poussé les trafiquants à modifier leurs itinéraires vers de nouvelles zones : les côtes de Huelva, le fleuve Guadiana, puis les régions de Murcie, de Catalogne et les îles Baléares. Le rapport a également relevé l’arrivée de bateaux liés à ces réseaux dans le sud de la France et en Italie.
Le rapport met enfin en garde contre l’exploitation, par les réseaux de traite des êtres humains, des mêmes itinéraires et moyens logistiques que ceux utilisés pour le trafic de drogue via l’immigration clandestine. Dans ce cadre, il signale l’émergence d’une « nouvelle route atlantique » partant des côtes marocaines vers les pays d’Afrique subsaharienne comme zone de transit, avant un détour par le Sahel et la Libye en direction de l’Europe. Il alerte également sur l’utilisation de camions de transport international comme couverture pour le trafic vers l’intérieur de l’Europe.
l’empereur de la drogue marocain arrêté en Turquie
Dans un contexte connexe Les autorités turques ont interpellé à Istanbul le baron de la drogue marocain Mohamed Boulkhrif, visé par un mandat d’arrêt international émis sous le régime de la « notice rouge », dans le cadre d’une affaire de trafic international de stupéfiants.
Des médias turcs et internationaux, citant des sources sécuritaires, indiquent que le ressortissant marocain de 34 ans a été arrêté lors d’une opération « précise » et « minutieusement préparée », dans le cadre de la traque de personnes recherchées à l’international pour des affaires liées au crime organisé et au trafic international de drogue.
Selon ces mêmes sources, l’opération s’est déroulée dans le quartier de Şişli, au centre d’Istanbul, après plusieurs semaines de surveillance du suspect. Elle a été menée en coordination entre les services de renseignement turcs et les unités de lutte contre les stupéfiants afin de procéder à l’arrestation au moment opportun.
Les rapports médiatiques précisent que Boulkhrif recourait, durant ses déplacements, à des moyens de communication chiffrés pour échapper à la surveillance, une méthode devenue courante chez certains réseaux organisés transfrontaliers.
Toujours selon les mêmes sources, les informations disponibles indiquent que Mohamed Boulkhrif, dont le nom circule dans les milieux des réseaux de contrebande intercontinentale et surnommé « l’empereur de la drogue », n’était pas recherché uniquement par la Turquie. Son nom serait lié à des dossiers sécuritaires dans plusieurs pays européens et arabes, ce qui fait de son arrestation un « trésor d’informations » susceptible de révéler les ramifications de grands réseaux de trafic opérant entre les continents.
K .M
