Les relations franco-algériennes connaissent un net apaisement sur les volets sécuritaire et judiciaire, avec l’annonce de deux visites officielles croisées de hauts responsables des deux pays dans les prochains jours.
C’est dans ce cadre que ،Le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, est attendu à Alger lundi 18 mai pour une visite officielle consacrée à la coopération judiciaire entre la France et l’Algérie.
Selon le ministère français de la Justice, les discussions porteront notamment sur le « renforcement de la relation bilatérale dans la lutte contre le terrorisme et contre la délinquance économique et financière transnationale », y compris les dossiers liés aux biens mal acquis.
Le ministre français sera accompagné d’une délégation de magistrats, dont Vanessa Perrée, procureure nationale anticriminalité organisée, et Pascal Prache, procureur national financier. Ces hauts magistrats doivent également rencontrer leurs homologues algériens afin de « renouer le contact et faire avancer les dossiers en cours », souligne le ministère français de la Justice.
En parallèle, le ministre algérien de l’Intérieur, Saïd Sayoud, se rendra à Paris « dans quelques jours », a annoncé samedi 16 mai le ministre français de l’Intérieur Laurent Nuñez dans une interview à « La Tribune Dimanche ».
« Je vais accueillir mon homologue algérien ici dans quelques jours. C’est un signal très positif Une coopération sécuritaire se réinstaure progressivement », a estimé le ministre français, qui s’était rendu à Alger mi-février à l’invitation de Saïd Sayoud, après des mois de tensions entre les deux pays.
nous sommes obligés de discuter avec l’Algérie
Laurent Nuñez a précisé qu’il y avait, avec son homologue algérien, « un travail d’échange d’informations à réengager sur les trafiquants de stupéfiants, et la collaboration se fait dans les deux sens ». Interrogé sur le « rapport de force » avec l’Algérie prôné par son prédécesseur Bruno Retailleau, il a répondu : « Sur la partie sécuritaire et migratoire, nous sommes obligés de discuter avec l’Algérie »، « C’est un grand pays, qui a un certain savoir-faire en matière de renseignements et de sécurité , Avoir des échanges avec lui est nécessaire », a-t-il détaillé. Évoquant « plusieurs millions de personnes de part et d’autre de la Méditerranée qui sont concernées par la relation franco-algérienne et la vivent très directement », il a ajouté : « Quel est l’intérêt d’avoir un bras de fer dans ces conditions ? ».
Pour lui, « ceux qui ne cherchent qu’à braquer l’Algérie ne pensent pas aux intérêts de la France, mais à leurs intérêts électoraux ».
Ces deux visites marquent une reprise progressive du dialogue entre Paris et Alger, axée sur les dossiers sécuritaires et judiciaires d’intérêt commun.
K.M
